Crépitements

Posted in Le m'onde, Voix des autres on décembre 15, 2009 by Hadrien MacBland

Voici le « post » où j’ajouterai au fur et à mesure les textes « expérimentaux ».

4. collages

3. rien que des phonèmes

2. blah-blah

1. Les martiens entendent mal

Posted in Enfouï, Le m'onde on décembre 15, 2009 by Hadrien MacBland

je cherche les bras de la Seine et ta présence

elle qui n’est pas mienne

elle qui coule en silence

Les herbes

Posted in Autres voix, Le m'onde on novembre 17, 2009 by Hadrien MacBland

Battues par le souffle sans origine, les herbes gémissent. C’est un son sans contenu qu’elles poussent en chœur. Mais il ne faut pas confondre le bruissement que l’on perçoit avec celui du vent. Il en est cause, il donne unité à l’ensemble des émissions sonores. Les herbes donnent l’illusion d’un bruisson, au sein duquel les petits bruits semblent susurrés à notre oreille. Ils témoignent d’une angoisse sans nom, qu’on oublie, qu’on néglige. Qu’importent les airs de rien ?

Car ce sont des riens du tout. Les herbes s’assèchent, s’humectent, ne peuvent pas se figer en quelque chose. Trop changeantes, elles prennent toutes les couleurs, il faut bien changer d’habits. Leur solitude est grande, malgré la proximité de leurs jaillissements, hors la terre dans laquelle elles restent plantées.  Riens du tout, oui, il n’est qu’à voir leur assemblée à peine audible. Le vent se faufile entre elles, mais elles ne peuvent se toucher, à peine si elles se frôlent.

Seule la confusion émerge de ces pointes vagues. De loin, on dirait une vague verte, prise dans un va-et-vient qui ne saurait ravager. Les petites perceptions échappent. Essayons cependant de capter leur voix singulière, pour mieux saisir l’oscillation d’ensemble. Arrachons une herbe, et non pas un brin d’herbe ; il garde la brise avec lui. On la tenaille entre deux doigts, on l’a déracinée, elle est nue. Victoire ? Elle est inerte, et d’un coup semble n’avoir plus de voix, décapitée par la base, presque comme d’un homme.

Circulation

Posted in Le m'onde on novembre 15, 2009 by Hadrien MacBland

En soirée, on se cherche, on cherche chez les uns des miroirs où l’on voudrait se mirer. Mais l’amertume vient au fil aiguisé du temps, quand le vrai miroir ne réfléchit pas plus qu’une loque. Les verres, les bouteilles, de l’eau et des reflets nous environnent. On boit des verres, pilés, on veut s’ouvrir tout plein, on se fuit pour laisser la place libre.

La fuite est partagée, et dans un sens comme dans l’autre. Je me fuis, tu te fuis, il se fuit, etc.  On s’oublie dans les rires. On passe d’une peau à l’autre. Mais le transfert est douloureux quand le miroir renvoie sa propre image. L’effroi du même s’insinue. Mais n’y a-t-il que les pédales pour utiliser le frein à main, la marche arrière ? Plus de pronominal : je te fuis, tu me fuis.

Pourtant, on crie tous, que le même m’aime. Et la douleur s’impose, face à la beauté de certains, inadmissible, irrecevable en soi-même. L’écart est trop grand, notre poche trop petite pour cette protubérance ajoutée, qui empêche l’autre de rentrer.  Il ne faut pas fixer les visages, juste les bras. Le vent ne regarde pas aux vagues, mais aux focs.

Hors

Posted in Silences on octobre 21, 2009 by Hadrien MacBland

et je n’aurai jamais su
l’affection de deux bras
d’un serre-moi dans tes bras

chuchoté : ce mot si beau

ce réel qui ne le fut jamais
(réel invisible à moi qui me cache)
et j’aurai rêvé sur la musique
qu’accorderaient deux bras

peut-être qu’un seul suffirait
pour jouer sur la corde


à quoi servent les miens
si ce sont les miens
sinon à former mon prénom
dans lequel il y a aime

j’aurai tant aimé
pouvoir écrire la première entreprise
fut deux bras qui me dirent leur nom

murmuré : et le mien avec



mais il faut me contenter de ma face blanchâtre
morte et sans la chaleur

(et : cela veut tout dire)

face de craie parole de craie
et tableau noir plus profondément
comment écrirais-tu sur ma page noire

l’ironie de vivre habillé
de ne jamais se rendre nu



se rendre


(à) la nuit d’insomnie, 19 X 09