Souffles

Il ouvrit la fenêtre et il vit surgir un rayon de lumière qui n’avait pas d’égal sinon en la beauté des nuits et dès lors il voulut fermer les yeux sentant qu’après tout il valait peut-être mieux rabattre les battants et cesser le combat il le savait fort bien mais il ne le fit pas car cela lui semblait une faillite que de n’affronter pas les lumières involontaires il était trop facile de refuser la brillance en faisant en soi la nuit en embrassant la lune sur son hamac somme toute assez grand pour y mettre un couple désireux d’être vu mais eux que verraient-ils

Il n’ignorait pas (c’était mal de faire de telles litotes) qu’il rêvait quand il faisait son poète il ne se cachait pas qu’un jour il écrirait ces mots en se cachant derrière un masque mais que ce cache-visage serait un leurre et que l’heure viendrait où le lecteur sourirait comme maintenant en voyant le menteur se démentir et il finit par la fermer (la fenêtre  bien sûr) conscient que la lâcheté faisait son être que le monde se répète aux yeux pris dans la toile inlassable dont on ne peut s’extirper qu’à la lumière d’été quand les fils translucides laissent échapper un soupir remâché

Il se rendait compte qu’il y aurait toujours de ces pelotes et de ces noeuds qui font comme un réseau incompris de l’araignée qui les brode et puis c’était comme ça

2 réponses vers “Souffles”

  1. Hadrien MacBland a dit :

    :)

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