Ecriture & Photographie
Quelques tentatives, sans certitude (malgré les apparences), de concilier écriture & photographie, à travers une réflexion sur le caractère sonore (ou non) de la photographie. Ces quelques essais (balbutiants, sceptiques) s’inscrivent dans le cadre d’un projet avec l’École Nationale Supérieure de Photographie d’Arles. Je travaille avec un étudiant de cette école, dont le travail inspire pour beaucoup ces quelques morceaux. Son travail est visible ici ou là.
1.
On se demande toujours d’où il vient. Jamais où il est.
Il est là, déposé sur le papier, en bruits roses, bleus, verts.
Sur la photo en noir et blanc, il est plus perceptible encore.
Prélevé, traité, délavé, il n’est jamais blanc.
2.
Toujours, il s’incorpore à la lumière.
Il faut vraiment toucher, fantasmer un toucher.
Avec la photo, développée, on peut faire semblant.
Voilà sa chair mêlée : on triche avec la physique.
3.
La musique du papier passe par les yeux.
On regarde, voyeurs, on croit ne rien entendre.
Les rayons optiques, en métamorphose, émettent.
Ils se montrent mais ne disent rien, que des sons.
4.
Une photographie ne peut avoir de titre.
Des sous-titres, à la limite, où peut se dire quelque chose.
Mais à l’intérieur, même.
Inutile d’en parler, elle parle (sans le vouloir, et sans rien dire).
5.
Là, le photographe a appuyé sur le déclencheur.
Cela a fait un bruit, que l’image n’a pas retenu.
Elle a été arrêtée avant.
Les bruits, coupés court, transpirent à peine.
mars 24, 2010 à 4:46
il y a toujours déjà
sous terre qu’
vas chercher là-bas
tes propres os
jeunesse est : grav-
ure de soi au couteau
oui beauté est le nom
du travail qui doute
mars 31, 2010 à 10:53
Le quatrième.