Ouï
Un lointain vagissement résonne dans toute notre existence. Il rend mélancolique, et songeur. Et si je n’avais pas crié ? Et qu’étais-je avant ce cri ? Il faut se rendre à la terrible évidence : à peine un silence.
Le souffle retenu de l’enfant angoisse les parents, qui tendent l’oreille. La parole nous fait entrer dans le monde, dans un élan vibratoire. Le père ne vient-il pas à l’accouchement aussi pour entendre cette voix ?
Ce sont des oreilles qui nous reçoivent, nous accueillent. Sourds, mes parents ne m’ont pas entendu.